Avoir un toit est devenu un privilège. Symbole extrême de cette réalité, un sans domicile fixe sur trois a un emploi. Du 17 au 27 janvier, les députés examinent le projet de loi Borloo sur l’« engagement national sur le logement ». Selon un bon vieux réflexe de la droite, on retrouve la méthode du recours à l’exonération fiscale en espérant que cela stimulera la construction ou la réhabilitation de logements. Alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de logements disponibles et accessibles et autant de demandes, on aurait espéré un projet à la hauteur de l’enjeu. Ce n’est pas le cas.
En voulant sortir de la crise du logement, le gouvernement y enferme le pays!
Pourtant c’est le troisième projet de loi sur le sujet depuis 2002… Après la « propriété pour tous » et « Habitat pour tous » voici un « engagement national sur le logement »…
Pour sortir de cette crise, il faudrait accélérer le mouvement ou changer de direction. Or la droite se contente "d'accompagner les inégalités du marché immobilier" comme l’indique Jean-Marc Ayrault.
En réalité, les salaires bas entraînent un logement précaire d’autant que les loyers flambent à cause de la spéculation que le gouvernement refuse de réguler. Surtout, la part consacrée au logement dans un revenu augmente sans cesse. Rien dans le texte de Jean-Louis Borloo ne témoigne d’une anticipation des besoins ou des mutations en la matière. Comme l’indique Jean-Yves Le Bouillonnec, à la fin de la législature, avec ou sans cette loi, la crise du logement se sera aggravée car il y aura plus de demandeurs et moins de logements.
Au lieu de garantir le droit au logement pour tous, le gouvernement organise la précarité pour tous. Le projet Borloo a même été qualifié de « technique » par le rapporteur de la commission des lois, le député UMP Gérard Hamel. Dans cette galette Borloo, la fève c’est le dispositif "Borloo populaire", un nouvel avantage fiscal destiné à favoriser l'offre de location dans le secteur intermédiaire. Mais une fois de plus, sans contrepartie.
La droite va profiter de cette occasion pour contourner la loi de solidarité urbaine (SRU) en proposant que le quota de 20 % de logements sociaux soit établi au niveau des communautés d’agglomération au lieu du niveau communal.
Les socialistes s’opposent et proposent
les parlementaires socialistes ont fait part de leur opposition à ce projet. Jean-Marc Ayrault, Annick Lepetit, François Brottes et Jean-Yves Le Bouillonnec proposent de refaire du logement une question politique. « Le logement n’est pas une affaire de placement d’argent, mais d’habitat pour les personnes ». Voici les objectifs des socialistes :
-Réguler le marché immobilier afin de maîtriser la flambée des prix et les loyers,
-Réengager l’Etat au côté des collectivités, des professionnels et des ménages
-Rééquilibrer l’aide en faveur des familles modestes qui n’ont pas assez de ressources pour se loger
-Sécuriser les bailleurs et les locataires
-Favoriser la mixité urbaine et la mobilité résidentielle
-Placer le logement et la rénovation urbaine dans les cinq programmes prioritaires de la prochaine législature.
Dans cette approche nouvelle de la mixité urbaine il s’agit en outre de doubler les constructions sociales chaque année, d'introduire 40% de logements sociaux et intermédiaires dans chaque programme immobilier et de limiter le coût du logement au quart du revenu des ménages.
On moquait l’objectif « zéro SDF » dans la présidentielle en 2002, la réalité est que désormais, se loger se c’est plus un droit, c’est en passe de devenir un exploit.